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Richard WurmbrandLa genèse des missions fondées par Richard WurmbrandComment les missions de Richard Wurmbrand, dont la notre, l'Aide aux Églises martyres, ont vu le jour.«…À tout chrétien en liberté, j’apporte un message. Un message de l’Église qui souffre pour la foi, un message de l’Église persécutée dans les pays communistes…» Le pasteur Richard Wurmbrand écrivit ces lignes, après quatorze années d’internement en Roumanie, dans son livre «L’Église du silence torturée pour le Christ». Ce fut le début de notre mission pour le monde communiste. C’est Noël. Nous sommes entourés d’amis, des membres de notre famille, nous sommes dans la joie des fêtes chéries de l’année. C’est une bonne occasion pour nous d’entreprendre un voyage. Un voyage spirituel. Partons dans la terre de mission de l’Entraide fraternelle des Églises. Laissons-nous entraîner, engageons-nous surtout. L’Église que nous connaissons ici ressemble peu avec l’Église militante qui a vécu dans un entourage athée et qui avait besoin d’aide et d’assistance pour survivre. Si nous regardions une carte du monde, nous verrions que les Missions sœurs de la chaîne Wurmbrand s’étendaient d’Europe en Australie, d’Afrique en Asie, du Nord jusqu’au Sud de l’Amérique. Elles apparaissaient sous différents noms ainsi que sous différentes activités en constant développement. Aujourd’hui, nous nous trouvons dans soixante pays du monde. Nous constituons un grand réseau missionnaire : des collaborations individuelles, des imprimeries, des bureaux et des missionnaires aussi infatigables aujourd’hui que d’antan. Une assiduité au travail tout à fait remarquable constitue l’héritage des travailleurs de ces Missions. Quand nous les Québécois nous nous reposons après une longue journée laborieuse, nos amis les Australiens se réveillent et prennent la relève. Le message de l’Église souffrante et endolorie est, aujourd’hui comme il l’a été dans le passé, toujours envoyé plus loin… Le message de l’Église persécutée sous les régimes athées et ennemies de la liberté humaine a été dans le passé et l’est encore aujourd’hui transmis par notre bulletin mensuel «Entraide fraternelle des Églises», par notre page Internet www.entraidefraternelle.com et répandu à travers le monde au moyen de notre littérature. Beaucoup de chrétiens se sont sentis dans le passé et se sentent encore aujourd’hui concernés. Ils ont voulu dans le passé aider et prier; ils le veulent encore aujourd’hui. Avant tout ils se posaient cette grave question: Suis-je prêt à souffrir pour le Christ? Nombreux sont ceux qui nous ont témoigné avoir trouvé le chemin d’une foi vivante grâce à notre littérature. Tous les collaborateurs à cette tâche ardue y trouvent aussi un motif de joie et d’encouragement. Cependant ce travail n’a pu être réalisé dans le passé et ne peut l’être dans le présent sans les nombreux amis de notre œuvre qui ont eu confiance en nous et qui par leurs prières et leurs dons nous ont rendu ce travail possible. Nous voudrions être aujourd’hui l’instrument qui vous relie à vos frères et sœurs dans le besoin et dans la souffrance. Un instrument qui transmet l’amour. « Sois un corbeau » (I Rois 17 :4)Les membres de l’Église opprimée dans les pays communistes se trouvaient contraints de choisir entre la clandestinité et la fuite. La moindre occasion, le moindre évènement suffisait pour les réunir ici, là-bas ou plus loin. Fallait-il célébrer un baptême, un anniversaire ou un mariage… une modeste communauté se formait et on en profitait pour y proclamer la Bonne Nouvelle. Cependant, si certaines de ces réunions restaient cachées, d’autres ne passaient pas inaperçues. Elles étaient trahies et dissoutes. Des responsables étaient emprisonnés. Ainsi beaucoup de familles sont dispersées et se trouvaient dans le besoin. Subvenir aux besoins de l’Église clandestine n’est pas chose facile. Dans les pays athées et dictatoriaux, verrouillés, nous avons aidé dans le passé et nous aidons aujourd’hui dans la mesure du possible. Dieu nous envoie les moyens et les ressources et nous inspire les voies à emprunter. Comme il a ravitaillé, par l’intermédiaire d’un corbeau le prophète dans sa cachette, Dieu peut de même secourir les croyants dans le désert de l’idéologie athée. Toute l’année l’aide aux chrétiens persécutés a pénétré par différents moyens non seulement en Union Soviétique et dans les autres pays athées, mais aussi dans d’autres pays ou la persécution subsiste. Grâce à la participation généreuse de nos amis, il a été possible de soutenir directement des familles de prisonniers, ainsi que des activités communautaires secrètes, des imprimeries et séminaires clandestins. Il est arrivé souvent que l’affaire se termine en prison car le travail n’était pas sans risque, comme aujourd’hui d’ailleurs. Mais dans la plupart des cas, le Seigneur «fait réussir le voyage». Même s’il y a plus de difficultés dans les postes frontières, il n’y a pas de barrages. Beaucoup des nôtres se sentaient appelés à ce service. Aimez-vous l’Afrique?Je connais l’Afrique, ce continent aux visages et aux langues multiples, cette terre soumise à des idéologies fallacieuses dont le marxisme a été la pire des tentations. Ce fléau a pris pied en Afrique en fomentant le chaos et la famine. Dans cette situation, beaucoup d’Églises, hommes d’affaires, intellectuels et gens de tout âge ont demandé notre littérature. Les pays derrière le rideau de fer ont essayé par tous les moyens de gagner la jeunesse africaine. Ils donnaient des bourses d’étude dans des universités de l’Est. Distribuaient de grandes quantités de littérature marxiste et émettaient des programmes radiophoniques sur l’idéologie communiste. L’Aide aux Églises Martyres a travaillé intensément depuis les années 70 en Afrique. Elle y est bien sûr présente même aujourd’hui. Elle a envoyé dans le passé des centaines de milliers de livres en français, en anglais et en portugais. Elle a envoyé aussi le bulletin «La Voix des Martyres» dans ces langues du continent, durant toutes ces années et jusqu’aujourd’hui. Beaucoup de lettres en provenance d’Afrique témoignent de l’urgence de ce travail missionnaire, de son importance et du fait qu’il a été très bien reçu. À travers le témoignage de ceux qui ont souffert pour le Christ, beaucoup d’hommes se sont détournés du communisme et ont trouvé le chemin de la vie. Connaissez-vous l’Inde?À côté d’une action charitable auprès des plus démunis de New Delhi, notre mission a traduit la littérature de témoignage qui lui est propre en plusieurs langues du subcontinent et l’a imprimé avec l’aide de quatre vingt collaborateurs et ouvriers dans l’imprimerie de notre mission peu automatisée. Le directeur s’est efforcé de trouver de nouvelles voies pour gagner le combat de la foi en Dieu et d’y apporter le message de l’Église persécutée. C’est de l’Inde que notre travail parmi les peuples non chrétiens de l’Extrême Orient s’est développé. Nous avons combattu la pauvreté, les maladies, l’ignorance… Nous sommes fiers d’avoir accompli de bonnes œuvres qui ont bâti l’espoir dans un avenir meilleur de milliers de gens. Qui évangélise les matérialistes d’aujourd’hui?Il existe des missions au milieu de différents peuples et religions. Mais qui évangélise donc aujourd’hui les païens modernes, les matérialistes? Dans les universités du monde entier, la jeunesse d’aujourd’hui apprend à sympathiser avec le matérialisme laïcisant. Cette idéologie matérialiste laïque prend l’allure d’une fausse religion. Elle ne peut pas répondre aux questions concernant le sens de la vie et elle conduit inévitablement au désespoir. Les générations trompées par le marxisme d’abord et les peuples dominés aujourd’hui par le matérialisme athée ont également besoin du message chrétien. Elles ont besoin d’un langage, d’une compréhension éclairée, d’une méthode et d’une argumentation appropriées. Nous nous efforçons aujourd’hui, de même comme nous l’avons fait naguère d’atteindre ces objectifs avec notre littérature, spécialement avec les livres du Révérend Roscanu, «Dieu, cet inconnu», «La vérité du langage», «Grandeur et décadence d’une institution d’Église», «Fenêtres ouvertes», etc., d’apporter des réponses aux questions que posent le déclin de la conscience humaine dans l’actualité. Les livres du Révérend Richard Wurmbrand nous inspirent aujourd’hui comme ils nous ont inspiré dans le passé et nous parlerons très souvent de son enseignement et de son message qui demeure d’une actualité éternelle. En les lisant, toutes les couches de la société d’aujourd’hui trouveront des réponses orientant la vie de foi de chacun.
Un grand témoin de la foi chrétienneLe Révérend Richard Wurmbrand a subi quatorze ans de prisons communistes et de tortures dans le pays ou il vivait, la Roumanie. Parmi les écrivains roumains, il demeure l’un des plus connus au monde, et dans son pays peu de noms sont aussi respectés parmi les chrétiens que le sien. En 1945, quand les communistes s’emparèrent de la Roumanie et s’efforcèrent de mettre les églises au service de leur politique, Richard Wurmbrand entreprit aussitôt auprès de son peuple asservi et des soldats russes d’occupation, un ministère clandestin efficace et énergique. Il fut arrêté en 1948. Plus tard sa femme Sabine aussi. Celle-ci fut condamnée à trois ans de travaux forcés. Quant à lui, il passa d’abord trois ans en réclusion, sans voir personne sinon ses bourreaux. Après quoi, il fut transféré dans une cellule commune pendant cinq années durant lesquelles la torture ne lui fut pas épargnée. En raison de son importance internationale comme dirigeant chrétien, des diplomates des ambassades étrangères s’inquiétèrent de sa sécurité près du gouvernement communiste. Il leur fut répondu qu’il s’était enfui de Roumanie. Plus tard, des inspecteurs de la police secrète, qui se présentèrent comme des camarades de prison, vinrent raconter à sa femme qu’ils avaient assisté à son enterrement dans le cimetière des prisonniers. Sa famille et ses amis de l’extérieur reçurent avis de ne plus avoir à s’inquiéter de lui, parce qu’il était mort. Au bout de huit ans, il fut relâché et reprit bientôt son apostolat dans l’Église clandestine. Deux ans plus tard, en 1959, il fut arrêté de nouveau et condamné à vingt cinq années de prison. Une amnistie générale, en 1964, entraîna sa libération et il se remit encore à son ministère clandestin. Mais, comprenant qu’une troisième arrestation risquerait de lui être fatale, des chrétiens de Norvège négocièrent son départ avec les autorités communistes. Celles-ci commençaient è vendre leurs prisonniers politiques. Le prix de base était de dix mille francs suisses (1969). Richard Wurmbrand fut payé trente mille francs suisses. En mai 1966, déposant comme témoin devant le Sous-comité de Sûreté intérieure du Sénat américain, il se déshabilla jusqu’à la ceinture pour montrer les dix-huit cicatrices profondes dont les tortures lui ont zébré le corps. Les journaux répandirent son histoire à travers le monde, en Amérique, en Europe, en Asie. Il fut averti en septembre 1966 que le parti communiste de Roumanie avait décidé de le faire assassiner. Ces menaces de mort ne l’ont pas réduit au silence. Ob l’a surnommé «la voix de l’Église clandestine». Les dirigeants chrétiens l’appelèrent «le martyr vivant» et «le Saint Paul du Rideau de Fer». Mettons en valeur son héritage de foi, d’espérance et de charité. Soyons nous aussi des témoins d’une foi bien vécue. Aidons les Martyrs de notre temps, les souffrants, les malades, les handicapés, les vieillards sans moyens de survie.
Richard Wurmbrand vivra toujours dans nos vies.
Programmé
par Dominique Peladeau |