![]() |
|
|
| |
Le mystère du cri de Jésusde Richard WurmbrandJésus a crié plusieurs fois sur la croix. Pour se faire entendre parmi la foule bruyante, il a dû crier fort. C'était ses dernières sept paroles :a la croix. Mais à la fin ce ne fut plus qu'un simple cri - un cri de douleur. Puis il rendit l'esprit. Ce fut mon privilège de comprendre ces paroles alors que je vivais parmi des hommes torturés, pour certains parfois à l'extrême. Les uns criaient « Maman ! », d'autres « Je suis innocent ! », d'autres « Laissez-moi », ou « Je suis prêt à vous révéler tous les secrets », ou « Je préfère mourir plutôt que trahir ». D'autres s'écriaient simplement « Jésus, Jésus ! ». Alors arrivait le moment décisif. Après des heures interminables de souffrances indicibles, les suppliciés s'écriaient « Je n'en peut plus ». C'était un moment de lutte intérieure terrible. L'instinct de conservation toujours présent, pouvait inciter un homme à trahir les secrets de l'église souterraine. Il arrivait que certains prisonniers qui avaient enduré les pires tortures pour le Christ, n'en pouvant plus, se rétractaient. D'autres supportaient tout et mouraient sans dire un mot. Les Vainqueurs et les TraîtresCeux qui ont souffert pour le Christ ne sont pas tous morts en martyrs. En Russie, un prêtre orthodoxe qui avait été un héros de la foi, fut libéré après avoir accompli ses dix ans de prison. Il put immédiatement reprendre son activité. Arrêté à nouveau, il ne subit plus de torture, mais on l'enferma dans une cellule avec des criminels homosexuels auxquels il avait dit : « Faites-lui ce que vous voulez ». Pour échapper à ce calvaire, il abjura et se rétracta par écrit. En quelque minutes il trahit ce qu'il avait vécu de façon exemplaire pendant des années. Un homme avait été emprisonné pour sa foi pendant 24 ans ; n'en pouvant plus il fut d'accord de jouer le rôle d'indicateur à l'intérieur de l'église souterraine et il fut relâché. Étant donné les souffrances qu'il avait endurées, il jouissait de la confiance des croyants. On lui confia plusieurs secrets, mais en même temps il causa beaucoup de tort. La raison humaine (Luther l'appelait la « raison animale ») a souvent le dessus lorsqu'un homme doit faire face à des conditions inhumaines, elle lui souffle à l'oreille « Renonce ! Ta vieille maman, ta femme et tes enfants ont besoin de toi ». Ou, « S'il y a un Dieu, comme tu le crois, pourquoi ne te délivre-t-il pas ? Dis simplement 'Oui' lorsqu'on te questionne et tu seras un homme libre. Grâce à Dieu, vous n'avez probablement pas traversé de telles situations, mais des tentations insidieuses ont certainement été votre intégrité, votre pureté ont été mises à rude épreuve. Jésus avait appelé Pierre (un des principaux disciples) un « roc ». Mais quand l'apôtreconstata que Jésus était en péril et qu'il était condamné à mort, sa raison lui susurra « Reine ton Seigneur et tu seras en sûreté ». Et il renia. Il ne fut ni torturé ni menacé. Il ne faut pas passer sous silence cet aspect du martyr. Jésus A Connu Le Même Combat Intérieur Que Nous« Jésus a été tenté comme nous en toutes choses » (Hébr. 4 :15). Cela ne fut pas nécessairement facile pour Jésus homme d'être toujours bon, aimant et aimable. Comme nous, il subit des ténèbres : « De la croix, hurle que tu renonces à tes prétentions messianiques ; tu seras libéré. Dieu t'a abandonné. Il doit y avoir quelque chose de faux dans tes convictions. Abjure, abjure ! ». Dans les moments de tentation extrême, aucune argument raisonnable ne peut aider. La seule défense consiste simplement à abandonner tout raisonnement humaine, à fuir la tentation et à s'accrocher au Seigneur. Dans les pires circonstances, plusieurs de nos frères emprisonnés et torturés renoncèrent à la raison. Sans beaucoup réfléchir ils criaient, comme Jésus sur la croix. Ils chantaient des cantiques sans paroles. Certains, comme moi, tournaient en rond dans une danse folle. Ceux qui n'ont pas connu l'épreuve du feu de cette nature ont peine à comprendre ce que signifie fuir la réalité pernicieuse. Lorsque David se trouva en péril, il simula la folie (I Sam. 21 :13). Dans mon propre cas, comme dans celui de plusieurs compagnons d'infortune, cela servit à quelque chose : nous considérant comme étant fous, les communistes mirent fin à leurs interrogatoires et à leurs services. Jésus fut tenté comme nous en toutes choses. Dans les ultimes moments de sa vie, il défia la raison et poussa un grand cri. La plupart des croyants ne connaissent pas de situations extrêmes ; mais tous peuvent apprendre de lui. Lorsque vous devez prendre des décisions dont les conséquences pourraient s'avérer dramatiques, méfiez-vous des raisonnements humains, de leurs arguments et contre-arguments. Cela vaut également dans les situations extrêmes de la famille et de la société quand tout paraît en crise. Ne permettez pas à la raison de vous tourmenter par toutes sortes d'arguments. Criez plutôt à Dieu, comme Jésus sur la croix. Nourrissez-vous de la Parole de Dieu et louez-le par des alléluias et des hosannas.
L'Histoire de Golgotha Se RépèteGolgotha n'est pas seulement un lieu où quelque chose se passa voici bientôt deux mille ans. Il est d'actualité au Soudan où trois millions de chrétiens courent le risque d'être exterminés ; et l'on estime à un million toutes les personnes qui ont fui le pays ou qui ont été massacrées. Le gouvernement islamique et les extrémistes ont leur part de responsabilité dans ce massacre. Les églises ont été fermées ou détruites. Tous les enfants sont instruits dans la religion musulmane. Un évêque catholique a été condamné à 90 coups de bâton. Si le gouvernement a l'audace de traiter de la sorte le chef d'une église, on imagine facilement comment il traite le commun des mortels. Plusieurs ont déjà renié la foi. La raison leur dicte que c'est la chose la plus sensée à faire. Pourquoi nous étonner que ces chrétiens presque illettrés en arrivant là lorsqu'en Russie le métropolite Sergheï (et après lui beaucoup de personnes appartenant au clergé) faisait l'éloge du communisme qui avait mis à mort des millions de paroissiens ? En fait, n'est-il pas plus raisonnable de renier et de vivre ? Mais il y avait, et il y a encore, ceux qui ne suivent pas leur raison, qui abandonnent cette « bête » et restent loyaux à leur relation avec le Seigneur. Ce sont eux qui constituent les églises souterraines, les véritables. Ils crient vers Dieu des paroles intraduisibles. Plus encore, ils mettent en pratique l'ordre de Dieu : « Gémissez » (Es. 13 :6 ; Jér. 4 :8) et « Gémissez, bergers, et criez » (Jér. 25 :3 4). Connaissez-vous une faculté de théologie où l'on enseigne aux futurs pasteurs à gémir ? Gémir En Faveur Des EnfantsLes enfants juifs et gitans qui concurrent les camps de la mort nazis et fascistes étaient maltraités, et finalement tués pour avoir commis le crime d'appartenir à la mauvaise race. Ceux qui survécurent ont souffert leur vie durant de ce traumatisme. En son temps,, je me trouvais en prison avec un leader chrétien roumain du nom de Florescu. Il avait fait imprimer clandestinement des brochures chrétiennes et les avait distribuées. Lors de son arrestation, torturé, il refusa de communiquer les noms de ses collaborateurs ; à leurs tour ceux-ci auraient également été emprisonnés. Peu après, les communistes arrêtèrent son fils de 12 ans, le frappèrent jusqu'au sang en présence de son père pour que ce dernier révèle les noms des personnes recherchées. L'enfant qui saignait cria à son père : « Ne trahis pas ! Que je ne subisse pas la honte d'être fils de Judas. S'ils me tuent, mes dernières paroles seront les suivantes : Jésus et ma patrie ! » Après ces paroles héroïques, ses mots devinrent confus, vides de sens. C'était des cris du tréfonds de son être contre les assauts du malin qui l'incitait à raisonner et dire : « Je suis ton enfant. Sauve-moi ! Papa, c'est ton devoir suprême. Pourquoi devrais-je mourir ? Tu m'as dit que Jésus était l'ami des enfants ; lui-même te dirait : 'Ne permets pas que ton enfant soit torturé à mort. Prononce les paroles demandées par les communistes et libère-le' ». Le père et le fils résistèrent, ils tinrent le coup. Mais ils restèrent marqués à vie, l'esprit affaibli ; ils ne se remirent jamais complément. Et ce n'est qu'un exemple parmi les milliers de cas de ce genre. Je connais des Juifs messianiques, arrêtés quand ils étaient encore jeunes, dont les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins et les camarades périrent dans l'holocauste. Arrivèrent ensuite les communistes qui mirent en prison les chrétiens, ainsi que les Juifs. Les enfants dont les parents furent incarcérés connurent la persécution à l'école ; ils avaient peu de vrais amis. Il était dangereux d'être l'ami des enfants des « ennemis du peuple », comme on les appelait. Quiconque leur tendait une main secourable et les aidait d'une manière ou d'une autre, était violemment battu puis jeté en prison. Ces enfants ne jouissaient pas d'une éducation normale. Certains restent marqués à vie pour avoir été victimes de mauvais traitements. D'autres ont terriblement souffert de vexations psychique ; cela se traduisait par une conduite insensée alors qu'ils se trouvaient seuls. Nos propres enfants peuvent rester traumatisés s'il deviennent les témoins d'un divorce ou de la violence dans la famille ou à la télévision. Dans le temps jadis, Moab fut l'ennemi juré d'Israël. Le Seigneur nous demande d'avoir un amour profond, même pour le pire des ennemis. Il avait été demandé aux Israélites de gémir sur toutes les souffrances des terroristes arabes. Souvent, la haine raisonne « froidement ». L'amour de Dieu annule les murmures de la « raison animale » et il est attristé par la souffrance de nos semblables ; Dieu les aime même s'ils sont pleins d'inimitié. Pourquoi Nous Crions, Nous AussiA la lecture des nombreux compte-rendus que nous recevrons, les responsables de notre mission et moi-même pourrions nous réjouir des conversions qui ont lieu. Ceux qui soutiennent l'oeuvre peuvent aussi partager cette même joie. Sur la croix, Jésus a obtenu la plus grande des victoires. C'est là que la porte du ciel fut ouverte pour toute l'humanité. Mais sa vie se termina par un grand cri. En écrivant cette lettre, je pleure aussi. Je suis âgé, chargé d'années. N'aurais-je pas pu faire beaucoup plus et mieux si je n'avais pas perdu plusieurs des talents que Dieu m'a confiés ? Une seule brebis perdue laissait Jésus sans repos. On estime à ce jour la population mondiale à 5,3 milliards de personnes, dont 30% seulement ont quelque relations avec une église. Quelque 6% sont des évangéliques. Un milliard de personnes sont musulmanes et un milliard n'ont aucune religion. Environ 700 millions sont hindous, 600 millions sont bouddhistes, 144 millions animistes, et 13 millions Juifs. Mon coeur brûle : je souhaite profondément que toute créature connaisse l'amour de Christ. Je ne puis supporter le fait que le Christ soit haï ou traité avec indifférence ou tiédeur. C'est une grande joie d'être chrétien. Bien que Jésus ait chanté les psaumes dans la joie, c'est son cri de douleur qui devait mettre un terme à sa biographie. C'est le cri de Jésus que nous vous communiquons, et en même temps le nôtre. Nous remercions tous ceux qui per(oivent la douleur des autres, la douleur de ceux qui crient car ils n'ont pas d'autre moyen d'apaiser celle du Seigneur. Au siècle dernier, un bateau sombra dans la tempête sur le Lac Michigan (USA). Il n'y avait pas assez de places dans les canots de sauvetage. Certains essayèrent de sauver leur peau en nageant accrochés à des débris de planches. Un nageur émérite se trouvait justement sur le rivage. Mettant en jeu sa propre vie, il sauva quatre personnes, l'une après l'autres. Bien que complètement épuisé, il persévéra. Ignorant le conseil de ses voisins, il plongea à nouveau et sauva une cinquième personne. La fièvre le prit et, agonisant, il répéta plusieurs fois « Pourquoi n'en ai-je pas sauvé six ? » Ce furent ses dernières paroles. Ce seraient aussi les miennes si je devais mourir aujourd'hui. Chers frères et soeurs, écoutez le cri de Jésus sur la croix et criez à votre tour. Faites de votre mieux pour gagner d'autres vies au Seigneur. Ezéchiel (ch. 43, 13) dit qu'en mesurant le temple, un palme est ajoutée à la coudée (mesures de l'époque). Les Juifs ont une règle : « Ajoute au sabbat ». Quand ce dernier se termine au coucher du soleil, ne reprends pas immédiatement ton activité, mais ajoutes-y un temps de repos comme don supplémentaire au Seigneur. Quand vous jugez la valeur d'autrui, ou de vos propres obligations, ajoutez quelque chose.
Vous avez peut-être fait votre devoir en donnant à la mission. Le cri de Jésus qui sonne constamment dans nos oreilles, ne devrait-il pas nous pousser à ajouter un « palme » ? Si les dons de 10, 100, ou 1000 dollars s'élevaient à 11, 101 ou 1001 dollars, cela aurait une significations énormes pour l'église persécutée. Que Dieu vous bénisse et vous aide dans ce sens. Votre dévoué en Christ Richard Wurmbrand
Programmé
par Dominique Peladeau
|