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Création de la tradition

La création de la tradition se fait par des voies inconscientes. Elle porte en elle-même un élément qui relève de la liberté, mais aussi de l’histoire. Elle ne s’est pas déployée grâce à une force d’inertie qui aurait pu permettre à ce qui est présent de persister dans le temps, mais elle a eu besoin qu’on lui adhère, qu’on la saisisse et qu’on la cultive. De ce fait, la tradition est essentiellement conservation, et la conservation est essentiellement un acte de raison. Par conséquent, toute réponse à la voix de la tradition est, même par son essence, parole qui maintient dans le vrai.

« Dans la relation avec le passé, nous ne cessons pas d’être dans la tradition et cette insertion n’est nullement un comportement objectivant qui nous ferait considérer la tradition comme quelque chose d’autre, d’étranger; il s’agit toujours de quelque chose qui est à nous, modèle ou épouvantail, d’une reconnaissance de nous-mêmes, dans laquelle notre jugement verra non plus une connaissance, mais une accommodation ne peut plus spontanée de la tradition. » H. G. Gadamer

En occurrence, il arrive aussi qu’une grande part de la tradition religieuse transcende les limites de ce qui peut être circonscrit en formules bien déterminées.

Elle suppose une totalité de sens d’éléments qui sont inextricablement inter reliés. Alors, il se définit spontanément une unité de forme et de fonction, dont chacune engendre l’autre, et cela dans une progression incessante. Ainsi, quand on rencontre le divin dans le culte, la liturgie byzantine ne peut point être séparée de sa contingence aux conditions d’accès sans lesquelles elle ne peut pas se montrer.

Elle nécessite l’espace sacré de la Sainte des Saints, l’iconostase, les icônes et fresques, les fidèles, la musique, l’encens. S’il se produirait un isolement par rapport à ces contingences, il en résulterait une abstraction qui appauvrirait singulièrement l’être véritable de la liturgie.

Dans la tradition religieuse byzantine, les icônes s’animent d’une vie spéciale parmi les sons de la musique et les mouvements du culte, dans les volutes de l’encens et au milieu des chants liturgiques, tout cela en présence des célébrants vêtus somptueusement et de leurs psalmodies hiératiques.

Ainsi, la tradition nous conserve les choses anciennes, tout en nous faisant découvrir leurs secrets éternels. Par le culte liturgique, la tradition religieuse orientale nous connecte en tout temps, et cela de manière sensible, aux vérités éternelles auxquelles elle se réfère. Elle est toujours l’actualisation de l’histoire du Salut, par une synthèse dynamique de tout ce qui nous vient du passé dans notre vie d’aujourd’hui.

En cela, la tradition en son sens plénier et la tradition religieuse en particulier sont traditions organiques et totales. Elles deviennent par cela même digne de l’intégration et de la transmission fidèle. Toute innovation introduite à fortiori dans la tradition est stérile et est vouée à s’éliminer d’elle-même.

Toute modification dans le culte divin ou dans la liturgie saurait être autorisée seulement par l’œuvre religieuse elle-même, et cela seulement dans la mesure où elle serait de nature à maintenir l’identité et la continuité de l’œuvre religieuse ouverte en direction de son avenir. Être dans sa tradition signifie d’être plongé dans soi-même, dans un contexte valorisant, vivifiant, créateur, qui agira en nous, par nous, à travers nous, avec une force souveraine et autonome.

Un groupe se sent fort s’il perçoit qu’une inspiration et un courant de vie l’animent d’une manière permanente à travers l’histoire, le reliant au passé autant qu’à l’avenir, autrement dit s’il se sent porté par une tradition. Celle-ci vient de très loin, elle dépasse les individus qui en sont les porteurs et les instruments. On ne crée pas la tradition mais on la reçoit dans la fidélité pour ensuite la transmettre.

Elle indique qu’au-delà des changements extérieurs il y a une permanence et une continuité. Dans la tradition l’homme est toujours plus que lui-même. Il en est saisi par un ordre et par un souffle qui le transcende toujours. L’homme intégré dans une tradition au sens fort du concept a toujours la certitude que l’essentiel auquel il tient plus qu’à sa propre vie sera transmis fidèlement; et cela peu importe que lui-même disparaisse comme individu, car ce qui a donné sens à son existence se maintiendra quand – même après sa mort. Il sait ainsi qu’il ne mourra pas tout entier.

A l’opposé, on comprend la tristesse des vieillards partout où une tradition s’effiloche: ils ont fatalement le sentiment d’assister impuissants à la fin d’un monde – le leur – et dont ils sont des survivants anachroniques. C’est pourquoi transmettre la tradition reçue demeure un commandement essentiel pour tout parent. Ses enfants s’inscriront dans la même humanité qu’eux, reconnaissable, d’identité définie, leur façonnant l’horizon historique en succession naturelle avec la lignée des ancêtres et en les dotant d’une demeure étant en totalité de sens avec tout l’héritage transmis…

Extrait du livre La Vérité du Langage, par Radu Roscanu

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