Achetez des livres de Richard Wurmbrand

Vous pouvez acheter ces livres:
• Rue des Juifs
• La femme du Pasteur
• Si j’avais trois minutes
• Croire pourquoi

Prix 20 $ plus 10 $ de frais poste et de manutention, pour chacun de ces titres. Téléphonez au 450-967-7792

Faites un Don maintenant !

Vous pouvez effectuer un don de (minimum 20,00 $ s.v.p.) à l’Aide aux Églises Martyres en cliquant sur le bouton PayPal « Faire un don » ci-dessous.

Calendrier

janvier 2020
L M M J V S D
« Avr    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

L’entraide fraternelle des Églises

L’entraide fraternelle des Églises

Julien Harvey, S.J.

Les disciples décidèrent d’envoyer chacun selon ses moyens, des secours aux frères de Judée, ce qu’ils firent en les envoyant aux anciens par l’entremise de Barnabé et de Saül.

– Act. 11, 29-30

Jésus a passé toute sa vie publique à rendre croyable la bonne nouvelle qu’il annonçait. Il l’a fait en devenant le consolateur et le guérisseur de tous et de toutes. On a pu résumer sa vie en disant qu’il l’a passé en faisant le bien.

Quand Paul a commencé, quelques années après lui, à annoncer la bonne nouvelle hors d’Israël, il a tout de suite compris qu’elle ne serait accueillie que si elle montrait en même temps que les croyants des nouvelles Églises se savaient accueillis par la première communauté, celle de Jérusalem. Et inversement, Paul devait montrer concrètement à l’Église de Jérusalem que les lointains disciples de Jésus étaient leurs frères. D’où le souci de Paul pour ses collectes de fonds à Rome, à Corinthe et ailleurs (on verra Rom. 15~ 26; 1 Cor. 16, 1). Au point qu’il se charge lui-même de ne rien laisser perdre, en portant lui-même les générosités des nouveaux fidèles aux anciens de Jérusalem.

Dans un monde où si peu de communications existent, où un étranger est un ennemi, ou la guerre est l’état normal entre les États et entre les villes, ce souci a certainement semblé étrange et il a fallu tout le prestige et toute la crédibilité de Paul pour assurer le succès de cette entreprise. Et nous savons par l’histoire des premiers siècles de l’Église que le geste de partage continua après Paul.

C’est cette tradition apostolique que l’Aide aux Églises martyres continue. Les Églises pauvres peuvent croire et espérer si elles voient la fraternité des communautés plus favorisées. Beaucoup a été fait dans le passé, beaucoup se réalise encore. Car le message de fraternité et d’égalité que Jésus apporte n’a été entendu que faiblement dans le monde. À tel point que nous devons être critiques et nous demander si notre générosité ne vient pas remplacer indûment la justice.

Quand une sollicitation vient des Églises de l’Est de l’Europe, nous sommes plus sûrs sur ce dernier point. Le bloc soviétique s’est trop bien isolé depuis plus de 75 ans pour que nous puissions soupçonner que nos relations commerciales ont provoqué ses difficultés actuelles. Son effort brutal pour éliminer la foi a échoué, mais il a laissé bien des traces qu’il faut maintenant réparer: oeuvres sociales supprimées, temples démolis ou réclamant de lourdes réparations après des générations d’interdiction ou de recyclage civil, personnel de cadres réduit et manquant de formation.

Des générations de clandestinité ont entretenu et même avivé la foi, mais le retour à une vie d’Église réclame notre aide, matérielle et en personnel. Déjà des initiatives solides sont en marche. Je songe par exemple à l’Église d’Ukraine, aidée si vaillamment par sa diaspora américaine et canadienne. D’autres sont plus faibles, comme celles de Roumanie, de Bulgarie, de Hongrie. Ce sont surtout ces dernières que l’Aide aux Églises martyres aide.

Et comme dans les collectes de Paul l’organisme qui est très modeste et n’a pratiquement pas de dépenses d’administration, assure l’acheminement de l’aide jusqu’aux personnes et aux communautés en difficulté. Je remarque par exemple que le principal responsable n’a pas à payer ses voyages en Europe centrale, que son secrétariat est dans sa demeure, que le bulletin de liaison que vous lisez est polycopié.

Plusieurs personnes que je connais ont eu l’impression que la chute du Mur de Berlin et la désintégration du Rideau de fer ont marqué la fin de la persécution et de la misère de l’Église en Europe de l’Est. Ce n’est malheureusement pas le cas. Des compensations pour les dommages faits ont été réclamées, mais elles ont été jusqu’ici sans succès. Et la sortie du régime socialiste ne se fait pas sans peine, après tant d’années d’isolement et beaucoup de retard technique.

En conséquence, les besoins de collaboration sont plus grands que par le passé. Et je tiens à dire que la planification du renouveau est bien faite et ne cherche pas d’abord à reconstruire des monuments ni à refaire une Église d’avant le Concile!

J’aime ajouter un autre argument pour éveiller votre coeur à l’appel des Églises martyres. C’est que la plupart d’entre elles sont des Églises orientales catholiques, surtout de rite byzantin: Bulgares, Roumains, Hongrois, Ruthènes, Slovaques, Biélorusses, Italo-Albanais.

À ce titre, elles conservent dans l’Église des traditions d’une grande valeur, dont cette immense portion de l’Église qu’est le rite latin qui est sans doute commun à la presque totalité de nous, a besoin pour participer à toute la bonne nouvelle: gouvernement synodal, résistance aux Églises nationales trop fermées et trop soumises, trésors de prières de liturgie et de vie mystique, arts religieux profondément spirituels et si originaux, sacerdoce ouvert aux prêtres célibataires ou mariés, développement ancien du diaconat, communautés religieuses contemplatives.Et surtout témoignage de la foi dans la pauvreté et le courage, un témoignage qui a finalement eu raison de toutes les résistances. Vous aurez remarqué comme moi que partout où l’empire violent de l’URSS a cédé, il y a eu au départ des rencontres nocturnes de prière, des lampions sur le trottoir ! Nous avons la grâces comme chrétiens, d’avoir plusieurs témoignages qui nous conservent la mémoire de Jésus, les quatre Évangiles en particulier; les Églises catholiques d’Orient jouent le même rôle, en nous empêchant de niveler et de simplifier la marche à la suite de Jésus tout en demeurant une Église.

N’oublions pas non plus le défi que posent les autres Églises orientales, séparées de l’unité depuis près de 1000 ans (1054). Le pape Jean-Paul II a dit plusieurs fois avoir rêvé d’un retour des Églises orientales orthodoxes à l’unité pour l’an 2000.

Même si nous sommes encore à deux ans de distance du troisième millénaire, il est difficile de croire que ce grand geste historique et religieux, commencé par Jean XXIII, se réalisera si vite. Mais notre témoignage de fraternité avancera sans aucun doute sa réalisation.

Julien Harvey, S.J.

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>