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Le dialogue

Par le travail de l’histoire, nous appartenons toujours à la tradition qui est la nôtre. La compréhension en tant qu’activité dans le dialogue œcuménique avec l’Orthodoxie roumaine implique le fait qu’interpréter ce soit « faire ensemble ».

Cela n’évite pas à chaque partie d’avoir à effectuer pour elle-même la tâche de comprendre qu’est-ce qui est en question et qui vient à nous par le langage qui utilise toujours des paroles d’extension cognitive qui soient les mêmes pour tous. Alors, chaque partie se posera la question: qu’est-ce qu’il lui arrive lorsqu’elle comprend? Plutôt que la question: qu’est-ce qu’elle doit faire, pour faire comprendre à l’autre sa version de la vérité? S’efforcer de rencontrer l’autre suppose de respecter son altérité, sans vouloir l’assimiler à soi. Comment occuper l’espace critique qui nous permettrait d’affirmer que nous accédons à un « tu », voire que nous respectons l’autre dans son altérité?

Ceci est à faire dans la conscience de notre finitude, qui demeure la seule à nous permettre d’affirmer que « je » n’assimile pas le « tu », car le « je » est conscient d’être limité et, par voie de conséquence, conscient de ne pas pouvoir assimiler le « tu » Malheureusement, cet esprit manque aujourd’hui dans le dialogue de l’Église roumaine gréco catholique (« unie ») et de l’Église orthodoxe roumaine, en Roumanie. L

a conscience de la finitude chez les uns et les autres est inexistante. Elle est remplacée par une vision orgueilleuse, triomphaliste et dogmatique qui fixe les choses ‘par définition’ et qui sont en contradiction avec l’esprit d’une convivialité constructive.

Notre compréhension doit aussi contenir la conscience de co-appartenir à ce monde, au même et commun monde. Elle se produit aussi dans une langue particulière, qui utilise des paroles ayant des contenus précisés et compris de la même manière par tous les interlocuteurs. Cela détermine notre manière de comprendre, même si nous n’en sommes pas conscients. La compréhension est rendue impossible dès que la langue du dialogue est piégée.

Pour mener à bien un dialogue, il ne faut pas voir dans l’autre l’individu qu’il est, mais il faut se rattacher son opinion à ce qu’on pense.

« Lorsque nous cherchons à comprendre…nous ne nous replaçons pas dans l’état d’esprit de l’auteur. C’est dans la perspective qui a permis à l’autre d’acquérir son opinion qu’au contraire nous nous transportons. Nous cherchons à faire valoir la légitimité effective de ce que l’autre a dit… Le miracle de la compréhension n’est pas communion mystérieuse des âmes mais participation à une signification commune »

Le non-respect de cette règle herméneutique est la cause de bien d’échecs dans le dialogue interconfessionnel en Roumanie, hier et aujourd’hui. Aussi, l’entente dans la conversation implique toujours et partout le fait que l’on soit disposé à une autre opinion.

« L’autre devient compréhensible en ce qui concerne ses opinions une fois qu’on a découvert sa position et son horizon, sans pourtant que l’on s’entende avec elle et que l’on s’y retrouve » Si cela se passe dans les deux sens, les opinions souffriront un échange, et un langage commun émergera. Malheureusement, cela ne se passe pas comme cela en Roumanie. La langue commune fait défaut. Pour que le dialogue interconfessionnel ne soit pas un dialogue de sourds, il doit se forger d’abord une langue commune dans le processus même de la compréhension et de l’entente. Le contenu des concepts véhiculés doit être le même.

La compréhension de la tradition qui arrive par le langage est la première des priorités. Assimiler ce qui nous parvient par la voie de la transmission écrite ou orale, est toujours un devoir absolu. Ce qui nous vient par la voie écrite est ainsi contemporain à nous et nous permet d’élargir notre horizon. La tradition qui nous vient ainsi est la continuité de la mémoire qui devient exprimable dans l’immédiat, en nous faisant parvenir l’humanité passée.

Le communisme s’est évertué à interdire l’accès à l’humanité passée, car il voulait construire « l’homme nouveau » soumis au carcan des seuls concepts de la conscience historique matérialiste du marxisme. D’où les entraves qu’il a posées devant les sources écrites… Comme étudiant ou citoyen ordinaire on n’avait pas accès à des sections étendues des bibliothèques et archives contenant la mémoire du passé ! Les communications ne rendaient guère les informations capables d’élargir et de déplacer l’horizon des consciences. L’histoire avait été réécrite et des pans entiers d’histoire des institutions furent occultés. Une forme d’aliénation de la conscience s’est installée, qui a eu pour effet le crépuscule de la capacité de compréhension de tous. C’est par des études ardues qu’il sera possible de vaincre l’amnésie historique qui a sévi pendant deux générations de temps. Pour que les peuples puissent re-forger sa conscience historique et s’approprier la tradition qui est la leur et même définir leur identité, il faut qu’ils lisent, car la conscience qui lit est conscience historique. Pour penser historiquement, les peuples doivent faire nécessairement la médiation entre les concepts du passé et leurs pensées à eux. Ils arriveront ainsi à l’horizon de l’interprétation, en produisant la fusion de l’horizon de la chose et du leur, toujours dans une dimension langagière.

L’éthique commune aux théologiens en dialogue est: chacun des partenaires doit constamment se situer sur le plan humain et chrétien à la place des deux autres. Les manquements du dialogue interconfessionnel roumain résident en la ‘pathologie’ de la pensée théologale. Ainsi,

La suffisance, qui a son origine dans la confusion que l’on fait entre la Vérité révélée et la personne qui en témoigne. Le théologien atteint de ce mal est incapable de saisir la distinction qui sépare la Vérité et sa propre personne, en arrivant en conséquence de s’élever soi-même au rang d’une autorité théologique absolue et infaillible, égale à Dieu Lui-même. Ce qu’un théologien oublie est la précarité de sa condition humaine et les limites de cette condition humaine qui le font passible d’erreur à tout instant. Un tel théologien oublie que la Vérité appartient pleinement au seul Dieu Trine, Lui étant le seul à posséder toute science théologique sur Lui-même, sur le Cosmos et sur l’homme. Ensuite,

L’instrumentalisation du « don de Dieu ». De saint Grégoire Palamas jusqu’à nos jours, l’Orient chrétien est pétrifié devant la fascination qu’exerce la doctrine des énergies non créées. On peut dénoncer un aspect négatif majeur qui résulte d’une fausse interprétation de cette doctrine: l’idéologisation de la grâce divine. Les théologiens orthodoxes oublient le fondement personnaliste de la manifestation de la grâce non créée. Celle-ci ne peut pas être obtenue moyennant la force, par aucune ascèse, par aucune théologie. La grâce est en vérité le don que Dieu nous fait gratuitement, à la suite de la relation libre et personnelle entre Lui et nous. La grâce ne peut pas être ni instrumentalisée, ni manipulée. Elle ne doit point être transformée en fondement doctrinaire d’une idéologie orthodoxe anti-catholique. Et finalement,

Le manque d’amour, la plus grave carence de nos âmes. Plus d’une fois, nous rencontrons des ‘fidèles’ qui, à la place d’être disposés à l’oblation de soi-même pour le Ressuscité, sont plutôt prêts à ‘tuer’ l’interlocuteur incapable d’accéder aux divins dogmes révélés. C’est l’amour pour le prochain qui manque. Le dialogue théologique doit se dérouler nécessairement sur le fonds d’amour. Et, ne faisons rien, sans Dieu.

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