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Méditation du Père Lev sur Le bon samaritain

Le bon samaritain

L’évangile du 15e dimanche après la Pentecôte comprend deux parties très distinctes. Tout d’abord, un avocat ou scribe s’approche de Jésus et, pour l’éprouver, lui demande quel est le grand commandement de la loi. Jésus répond: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Jésus ajoute : « De ces deux commandements dépendent toute la loi et les Prophètes ».

« Tu aimeras… ». Ce précepte découle de la nature même de Dieu. « Dieu est amour » (1 Jean 4 : 8) : c’est pourquoi nous devons aimer. C’est en aimant que nous irons dans le sens même de la vie et que nous imiterons Dieu, selon notre faible mesure. Nous aimerons Dieu, ce qui signifie que nous aimerons l’amour, – «le Seigneur ton Dieu ». Ce Seigneur-amour, ce Dieu-amour, n’est pas un sentiment impersonnel ou une entité métaphysique. C’est une personne vivante qui communique libéralement à toute créature sa vie d’amour. Il est une émotion d’amour qui se propage à partir d’un cœur infiniment aimant. Si aimer Dieu signifie aimer l’amour, il semble que rien ne soit aussi simple et aussi facile que le grand commandement. Oui, d’un certain point de vue, aimer Dieu est simple et facile. Mais ce qui est requis de nous, c’est un amour total, c’est aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit, et ce mot tout marque la difficulté et en quelque sorte l’héroïsme d’un tel amour. Car il s’agit de retrancher tout ce qui est contraire ou même étranger à Dieu, de lui consacrer notre être sans réserve, de n’admettre en nous que ce qui peut être intégré dans son amour et sanctifié par celui-ci. Die u demande notre cœur : en hébreu comme en grec, le mot « cœur » n’a pas les implications sentimentales qu’il reçoit dans les langues modernes, mais il désigne la partie la plus noble de la personne humaine, le siège de l’intellect et de la volonté. Dieu demande notre âme : le mot hébreu est ici plus profond et plus riche que le terme que nous employons, car il désigne à la fois l’âme, la vie et le sang, de sorte que, pour Jésus et ses auditeurs juifs, aimer Dieu « de toute son âme » suggérait déjà, quoi qu’obscurément, l’immolation et le sacrifice. Dieu demande notre esprit, notre pensée : notre logique humaine, notre science, notre culture doivent être transfigurée en lui. C’est là le premier et le grand commandement : Jésus insiste sur la priorité de l’amour envers Dieu. L’amour de Dieu et l’amour du prochain ne peuvent pas être mis sur pied d’égalité : l’amour du prochain découle de l’amour de Dieu. Cet amour de Dieu est la source ; ainsi se trouve condamné et rejeté tout humanitarisme. Mais Jésus, s’il n’identifie pas les deux amours, proclame que l’amour du prochain est un commandement qui « est semblable » au précepte d’aimer Dieu, et c’est en rapprochant ainsi les deux commandements qu’il se montre, par rapport à la loi juive, innovateur et suprêmement original. Il l’est encore par sa conception nouvelle du mot «prochain». La tradition juive restreignait l’application de ce mot aux Juifs et aux prosélytes, tandis que Jésus, comme le montrera la parabole du bon Samaritain, donne au même mot une extension illimitée. L’amour du prochain, tel que Jésus le commande, n’est pas moins totalitaire que l’ amour de Dieu : il s’agit d’aimer le prochain comme soi-même, et ce mot comme nous fait mesurer toute la difficulté du commandement.

En ajoutant que de ces deux commandement8 dépendent toute la loi et les prophètes, en faisant de l’amour l’essence même de la vie divine et de la vie humaine, Jésus dépasse d’une manière décisive toute la tradition juive. Et il nous donne un critère pour mesurer à chaque instant notre vie spirituelle (nous pourrions dire: pour prendre notre température spirituelle). Il suffit de nous demander, en admettant telle pensée, en prononçant telle parole, en faisant tel acte, puis-je sincèrement, humblement dire que j’aime Dieu de tout mon cœur et mon prochain comme moi-même ?

Dans la seconde partie de l’évangile de ce dimanche, Jésus demande aux Pharisiens ce qu’ils pensent du Christ et de sa filiation. Si le Messie est, comme ils disent, fils de David, comment David peut-il, dans le psaume 110, l’appeler «Seigneur» ? Les docteurs sont réduits au silence et n’osent plus interroger Jésus. Notre Seigneur prend assez souvent la même attitude à notre égard, quand nous nous approchons de lui dans la méditation et la prière intime. Souvent il nous pose des questions ou soulève des difficultés qu’il semble laisser sans solution, parce qu’il attend que nous-mêmes, allant jusqu’à la conclusion logique de notre pensée aidée par la grâce, trouvions la solution qu’il n’a pas exprimée. Dans le cas présent, les Pharisiens n’osent pas tirer la conclusion et dire que le Messie est fils, non seulement de David, mais de Dieu, et ils préfèrent ne plus rien demander à Jésus. Ce ne sera pas notre attitude; même lorsque les questions (généralement d’ordre pratique et impliquant de notre part une décision) posées par Jésus nous gênent, nous ne nous réfugierons pas dans un silence boudeur ou révolté; mais nous essaierons loyalement de répondre, sans soustraire nos plaies secrètes à la pleine lumière du Sauveur.

L’épître de ce dimanche exprime d’une manière poignante les épreuves souvent si douloureuses que comporte le ministère apostolique, et aussi l’espérance qui n’abandonne jamais l’apôtre : «…ce trésor, nous le portons en des vases d’argile… Nous sommes pressés de toutes parts, mais non pas écrasés; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés; persécutés, mais non abandonnés; terrassés mais non annihilés…».

Certains mots de l’épître conviennent, non seulement à la vie de Paul ou d’un apôtre, mais à toute vie donnée aux hommes pour Jésus-Christ : « …nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps… Nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus… Ainsi la mort fait son œuvre en nous et la vie en vous». Il ne s’agit pas seulement ici du suprême sacrifice des martyrs, mais aussi de ce sacrifice qui trouve son expression dans les « petites » (mais souvent en même temps si grandes) choses pratiques de la vie et qui peut être renouvelé chaque jour.

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