Achetez des livres de Richard Wurmbrand

Vous pouvez acheter ces livres:
• Rue des Juifs
• La femme du Pasteur
• Si j’avais trois minutes
• Croire pourquoi

Prix 20 $ plus 10 $ de frais poste et de manutention, pour chacun de ces titres. Téléphonez au 450-967-7792

Faites un Don maintenant !

Vous pouvez effectuer un don de (minimum 20,00 $ s.v.p.) à l’Aide aux Églises Martyres en cliquant sur le bouton PayPal « Faire un don » ci-dessous.

Calendrier

septembre 2021
L M M J V S D
« Avr    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Tradition

« Notre tradition est sans âge, comme la feuille verte; en tant que matrice stylistique, elle fait partie du logos inconscient. Se séparer d’elle signifierait une apostasie. » Lucian Blaga, L’Éloge du village roumain

Le mot tradition dénote un ensemble d’informations ou de pratiques concernant une doctrine religieuse ou éthique qui devient une attitude fondamentale de vie relative à la foi et aux mœurs, ensemble qui est toujours transmis entre générations par le langage parlé, par la coutume ou par l’exemple vécu, et qui est compris comme représentant un héritage du passé historique, religieux, national. La forme essentielle et première de la transmission de la tradition se trouve dans l’élément du langage parlé et dans le comportement humain préoccupé de conserver par transmission les contenus hérités.

La tradition a joué toujours un rôle central dans la conservation de la conscience sociale et religieuse et des structures socio-historiques liées à la société et à la religion. En religion, ces structures – présupposées comme tenant de la révélation divine – maintiennent toujours et partout la précéptivité et la vigueur du passé, en reliant tout présent au temps paradigmatique des origines, grâce à l’élément de continuité qui est propre à toute tradition. Les traditions reçues en matière politique et religieuse constituent toujours et partout la manifestation la plus adéquate et éminemment naturelle des besoins et des aspirations reçues et assimilées par des groupes humains. Par conséquent il est très important de les maintenir, même – et surtout – si la raison critique refuserait les contenus qu’elles portent. Toute tradition comporte aussi un élément cumulatif d’une génération à une autre ainsi qu’un élément de continuité, qui sont propres à la tradition elle-même. La conscience ‘moderne’ générée par la ‘raison critique’ combat la tradition qu’elle considère ‘entachée’ de maints préjugés, voulant promouvoir avec acharnement l’autojustification rationnelle qui soit indépendante de toute légitimation historique. Cette contestation de la tradition qui tend à introduire des ruptures ou discontinuités historiques a été résolument mise en question de nos jours par la revalorisation de la tradition ou bien par la promotion d’une médiation dialectique entre les éléments cumulatifs et ceux de continuité qui sont propres à la tradition et le facteur de critique et de rupture qui sont spécifiques à tout Aufklärung. «L’Aufklärung » a énoncé l’idée: « ose te servir de ton propre entendement »(… ) Son préjugé fondamental est le préjugé contre tous les préjugés (… ) Sa tendance générale a été de n’admettre aucune autorité et de tout soumettre au tribunal de la raison pensante. D’où résulte que la source ultime de toute autorité ce n’est pas la tradition mais la raison. » Car l’Aufklärung en fait doit-elle aussi être aufgeklärt dans le sens que l’on prend nécessairement conscience des moments de négativité de sa relativité aux contenus apportés à elle, par la tradition elle-même.

« Le dépassement de tous les préjugés, cette exigence globale de l’Aufklärung, s’avérera être lui-même un préjugé, dont la seule révision frayera la voie à une compréhension appropriée de la finitude qui domine non seulement notre être, mais également note conscience historique. »

Le droit de vote de nos ancêtres

Mais, dans la plus large des acceptions du concept de tradition, il signifie le caractère extensif du passé qui tend toujours et partout à se transmettre au présent historique. Ce caractère devient la loi non écrite et inéluctable de toute société humaine. En ce sens, le passé peut exister en tant que tel uniquement sous la forme temporelle de la tradition. La rupture avec le passé nous situe dans un présent virtuel, inconsistant.

Dans le cas d’une tradition dont cet acte de conservation n’est pas accompli en sa totalité, cela pénalise tout présent vécu d’une marque d’inconsistance en sa propre réalité ontique. Mais, la tradition a aussi une fonction de conservation qui n’a point un caractère rétrograde. La prise de conscience en symphonie de la dimension de tradition et d’histoire, constitue la base nécessaire pour la compréhension de l’énorme poids spécifique que la tradition a dans la définition même de l’identité humaine.

« Ce n’est pas l’histoire qui nous appartient, c’est nous au contraire qui lui appartenons. Bien avant que nous accédions à la compréhension de nous-mêmes par la réflexion sur le passé, nous nous comprenons de manière spontanée dans la famille, la société et l’État où nous vivons. Le foyer de la subjectivité est un miroir déformant. La prise de conscience de l’individu par lui-même n’est qu’une lumière tremblante dans le cercle fermé du courant de la vie historique. C’est pourquoi les préjugés de l’individu, bien plus que ses jugements, constituent la réalité historique de son être. » H. G. Gadamer

Cependant, le concept de tradition, associé à l’héritage du passé, suscite des attitudes de contestation quant à son utilité pour le présent. Alors, les attitudes vis-à-vis de la tradition varient entre sa vénération à une extrémité et son refus à l’autre extrémité. Entre les deux, nous trouvons le respect à dimension critique. En effet, toute tradition se reçoit nécessairement avec fidélité et se transmet toujours et partout d’une génération à une autre, chaque génération y ajoutant quelque chose qui constituera son apport propre. Cependant, l’identification avec la tradition est opposée à tout besoin de distanciation vis-à-vis de son contenu. Il n’existe point d’instance censée de ‘bricoler’ la tradition ou de la changer. C’est toujours la tradition elle-même qui remplit tout vide herméneutique possible par rapport à la mémoire historique continue de l’humanité. Ainsi, la tradition représente toujours, partout et avec une autorité qui lui appartient, le bien commun à des groupements, à des nations ou à des communautés plus complexes. Elle est, simplement, un bien commun qui s’hérite par la consommation des générations et par le travail continu de la conscience historique.

Ce qui emplit notre conscience historique, c’est toujours une multitude de voix où résonne l’écho du passé. Il n’est de présent que dans la multiplicité de telles voix : c’est ce qui constitue l’essence de la tradition à laquelle nous voulons prendre part…

« La recherche historique n’est pas seulement recherche, mais aussi transmission de tradition. Elle nous fait faire des expériences historiques, dans la mesure où en elle se fait entendre à chaque fois une voix nouvelle qui transmet l’écho du passé. » H. G. Gadamer

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>