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Un chrétien rencontre Gabriel

Un texte de Richard Wurmbrand

Chers frères et soeurs,

Je ne peux pas vous voir, mais je vous prêcherai de loin.

Il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir des perceptions extrasensorielles. En voici un exemple.

Une femme russe, officier de l’armée, avait été convertie dans mon foyer. Puis elle s’en était allée avec son régiment du côte de la Hongrie et de l’Autriche et je n’avais plus entendu parler d’elle. Là-dessus nous avions quitté notre longement et aménagé dans une autre maison. Un matin, à l’heure la plus occupée, j’éprouve une impulsion irrésistible à retourner à mon ancien appartement bien que je n’aie rien à y faire. Comme j’approchai de la maison, j’aperçut cette soeur russe qui s’y dirigeait en venant de l’autre direction. Elle passait par Bucarest pour rentrer chez elle à Stalingrad. Entre deux trains, ayant quelques heures disponibles, elle avait prié de tout son coeur que je sois à la maison et qu’elle puisse ainsi compléter son instruction chrétienne. Si je ne m’était pas trouvé là à ce moment précis cette chance unique aurait été perdue.

Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples analogues.

Peut-être que vous aussi vous êtes capables de pareilles télé-perceptions. Les prophètes de l’antiquité parlaient à des hommes très éloignés. « Sonnez de la trompette, habitants de Sophar… habitants de Lachis… Et vous aussi habitants de Marésa, j’amènerais un conquérant !… Et toi, Bethléem Ephrata », dit Michée dans un seul et même discours, certain que les anges vont porter ses paroles à ces villes éloignées les unes des autres.

De même, je suis certain que mes paroles prononcées dans une cellule solitaire atteindront au moins quelques uns d’entre vous, ceux qui possèdent la rare vertu du silence attentif.

Je partagerai avec vous quelques-unes des expériences spirituelles par lesquelles nous passons dans notre prison souterraine. Bien que chacun soit isolé dans sa cellule nous communiquons les uns avec les autres en frappant des messages en code sur les murs. C’est ainsi que je suis au courant des événements suivants.

Il était dix heures du soir. Nous savons toujours exactement quand il est dix heures. C’est avec une exactitude chronométrique que commencent à cette heure-là les grandes tortures. Le matin on peut voir de rudes corrections, mais les tortures sont réservées pour cette heures de ténèbres. On peut entendre les hurlements. L’acoustique de ces corridors voûtés est ainsi faite que les plaintes rebondissent d’un mur à l’autre avec une force toujours croissante. Dès le premier cri le signal est donné par les murs d’une cellule à l’autre, ce sont trois coups qui nous avertissent de commencer les exercices spirituels ; et d’abord un examen de conscience où l’on juge toutes les attitudes, les pensées et les actions de la journée écoulée. C’est un Père jésuite qui nous a appris à faire ainsi.

Le chrétien dont je vous parle aujourd’hui n’avait pas beaucoup d’estime pour cette sorte d’examen personnel. Il pensait que la conscience n’est pas tant la voix de Dieu en nous que celle de notre environnement social. Une action qui susciterait probablement un grand remords chez tel chrétien est considérée comme moralement justifiée par tell autre venu d’un milieu différent. La conscience nous juge selon ses lois propres. Mais la conscience est toujours catholique et vous torture an vous rappelant vos actions comme si vos rapports avec Dieu dépendaient de celle-ci.

La conscience ne sait rien de la causalité. Elle n’accepte pas le déterminisme. Elle croit à l’erreur de la libre volonté. Elle ne reconnaît pas ce fait évident que mon action est le résultat du caractère que m’a formé toute ma vie passée, et la seule réponse que personnalité unique je puisse faire à partir de stimulants extérieurs. La conscience attribue à moi seul la culpabilité d’une action qui n’a été que le résultat final de l’influence de milliers d’autres personnes : ancêtres qui m’ont donné une éducation fautive ; auteurs, acteurs, amis et ennemis qui ont moulé mon âme ; pressions de l’environnement social et ainsi de suite.

La conscience ne sait rien des plans de Dieu dans lesquels mon action a pu jouer un rôle nécessaire. « Car c’est une ligue, en vérité, qu’Hérode et Ponce Pilate avec les nations païennes et le peuple d’Israël ont formée dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint ; ils n’ont fait ainsi qu’accomplir tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais décidé par avance »

La conscience est prévenue. Quand on examine tout ce qu’on a fait dans la journée elle ne rappellera que les mauvaises choses. Elle oublie les bonnes. Elle ne fait de distinction qu’entre le blanc et le noir. Elle ignore le gris—cette nécessité qu’imposent parfois les circonstances de la vie d’avoir à choisir non pas entre le bien et le mal mais entre deux maux.

La conscience n’accepte pas les paroles de saint Philippe de Néri selon lesquelles nous ne devons pas espérer devenir des saints en quatre jours. Tout ce qu’elle arrive à faire après beaucoup de doutes et de tourments, c’est d’accepter la rémission des péchés, c’est-à-dire le pardon des fautes commises. La doctrine la plus transcendante de la Bible, celle de la justification, selon laquelle nous avons la possibilité d’apparaître devant Dieu absolument libre de toute culpabilité est totalement inacceptable pour la conscience. Celle-ci est incapable de saisir la vérité selon laquelle non seulement le pécheur mais aussi le péché peuvent devenir blancs comme neige.

Je ne voudrais pas abolir la conscience comme le fit Hitler qui l’appelait une invention juive. Les résultats en furent atroces. La conscience possède une immense valeur sociale. Une conscience délicate fait prendre l’attitude qui convient à l’égard du prochain. Mais Dieu ne vous aime ni plus ni moins après une bonne action qu’après une mauvaise.

L’examen de conscience laisse toujours triste. On compare ce qu’on a fait avec ce que Jésus aurait fait dans les mêmes circonstances, et l’on s’adresse d’amers reproches. Mais se demander ce que Jésus aurait fait dans ces circonstances est aussi raisonnable que se demander jusqu’où un escargot aurait pu aller un jour s’il avait été lièvre. C’est un escargot et non un lièvre. Et, moi, je suis moi, et non Jésus. Pour agir comme Jésus, il aurait fallu que je sois Dieu incarné né d’une vierge sainte. Il aurait fallu avoir reçu son éducation, avoir des anges à ma disposition, posséder son pouvoir miraculeux, être un prophète et un charpentier il y a deux mille ans en Palestine.

Luther a mis les hommes en garde contre le grande péché qu’est la tristesse. Il a dit que pour un chrétien il vaut mieux être ivre que triste. Les communistes nous ont suffisamment torturés. Pourquoi nous torturer nous-mêmes ? Luther a dit encore que le remords avant le Calvaire est de Dieu, mais que le remords après le Calvaire est du diable. Repentez-vous de vos péchés le sujet d’une longue et mélancolique méditation. Pourquoi tricher devant Dieu en consacrant mon temps et mon énergie aux remords ? Je suis plus grand que mes péchés. La conscience essaierait de m’identifier à eux.

Notre frère repoussait ces tortures de l’âme. Le Talmud dit : « Le soleil est couché, le temps est claire. » Quand chaque nuit le signal était donné notre frère avait l’habitude de se préparer à danser pour la gloire de Dieu.

Avant que le signal ne fût donné il restait étendu sur son lit. Comme le tic-tac d’une montre, chaque pulsation de son coeur contenait une pensée sur Jésus. Son désir de l’Époux était comme un feu brûlant. Il soupirait « Jésus » à chaque respiration. Puis le signal se faisait entendre. Il était temps de commencer sa danse sacrée, et peut-être insensée.

Tout en dansant il entendit un ange qui disait : « Salut, Georges, plein de grâce. Le Seigneur est avec toi. Tu es béni. » Ce frère avait été élevé dans le respect des traditions des anciens pères du désert. Il savait ce qu’il convient de faire en pareille circonstance. Il demanda à l’ange : « A qui es-tu envoyé ? » L’ange répondit : « A toi, Georges. » Le chrétien répliqua : « Il y en a beaucoup d’autres qui s’appellent Georges dans les cellules voisines. Tu t’es trompé. Je ne suis pas digne d’entendre la voix des anges. » Les cercles qu’il décrivait en dansant devinrent encore plus insensés pour repousser la tentation. Cette danse était un sacrifice sur l’autel de Dieu.

Mais l’ange, qui était Gabriel, demeurait. Comme ils sont persévérants, les anges ! Alors quelque chose se conçut en ce chrétien, comme jadis en Marie (ou peut-être ne fit-il que découvrir alors ce qui avait été là depuis longtemps). Voici que s’anima en ce chrétien le germe d’une vie nouvelle qui allait lui donner désormais le pouvoir de triompher là où il avait été vaincu naguère. Il sut qu’il allait être capable de supporter pire que la mort, même les railleries les plus insupportables.

Depuis cette expérience ce chrétien ne vit plus, c’est le Christ qui vit en lui. Il ne vit plus que pour entretenir cette vie nouvelle, pour susciter en lui l’auteur de toute vertu. Et quelle responsabilité! Comme Marie il a pour tâche de veiller au développement du roi du ciel lui-même.

Ce chrétien a le sentiment que sa tâche particulière est de faire de jésus un homme du vingtième siècle, ou plutôt du vingt et unième siècle; d’en faire un intellectuel moderne, ou plutôt d’en faire celui qui montrer a aux intellectuels modernes le chemin à suivre. Sa tâche est d’en faire un homme qui pleurera, dans notre génération, comme il a pleuré à Jérusalem il y a deux mille ans; d’en faire l’homme de douleurs d’aujourd’hui.

Richard Wurmbrand

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